S’il y a une chose que la plupart des humains connaissent bien est la solitude. On essaie de la fuir à tout prix dans toutes sortes d’évasions, et quand ce n’est pas possible, certaines personnes parlent toutes seules, dans le vide, à défaut de s’adresser aux pierres.

Mais, à quoi est dû ce problème? D’où vient ce vide intérieur qui nous ronge et qui peut nous inciter à faire les plus grandes bêtises de notre vie? Pourtant, beaucoup se sont mariés, ont eu des enfants, ont fait carrière, ont réalisé mille-et-une choses, tant pour leur famille, pour la société que pour leur pays. Cependant, malgré toute cette vie trépidante, beaucoup sont encore incapables de voyager seuls, de demeurer seuls, ne serait-ce que quelques heures. Et pourtant, d’autres peuvent vivre en montagne, en forêt ou en campagne, sans ressentir le moindre vide intérieur, sans éprouver la moindre peur.

Parmi les personnes les plus touchées par la solitude, il y a les personnes âgées qui s’ennuient à mourir dans les résidences, dans les hôpitaux ou seules dans de petits logements. Peu importe l’intelligence, les postes et l’importance qu’ont brigués ces personnes durant leur vie, ils se retrouvent face à un mur où la vie s’est brusquement arrêtée, ne laissant comme perspective autre que le couloir du vide et de la mort.

Une solitude si généralisée devrait nous amener à nous questionner sur le rôle de tous les mouvements à connotation spirituelle prétendant apporter à l’homme un baume à son isolement intérieur. En déplaçant notre observation depuis le Soi, nous constatons que ces rassemblements ne sont que des pis-aller épuisant le mental par des rituels longs et routiniers, par des prêches culpabilisants, par des prières répétitives, sans oublier les quêtes et les dimes censées donner bonne conscience. Dans l’ensemble, ces religions ou ces sectes prennent beaucoup plus qu’ils ne donnent. Et pour cause, la quête du «Je suis» ne leur ait jamais effleurée l’esprit. Personne ne leur a jamais dit qu’ils étaient autre chose que leur histoire de vie qui semble s’orienter dans un cul-de-sac avec l’âge.

En méditant le moindrement, il devient de plus en plus clair que le problème du vide intérieur et de la solitude qui en découle provient de l’orientation de la conscience elle-même, une conscience qui n’a de cesser de se projeter à l’extérieur tout en se détournant constamment de sa nature profonde. C’est seulement que plus tard, après un long désillusionnement que l’on constate que le monde extérieur n’est que projections et illusions.

Pour le mental, la conscience fait peur parce qu’elle débouche dans les espaces intérieurs perçus comme le néant. Et pourtant, cette vacuité intérieure n’est qu’un brouillard en regard de nos corps subtils et notre Êtreté.

Notre système d’éducation tant intellectuel que religieux, reposant sur le mental et les émotions fortes, n’a jamais porté la moindre attention sur le vide intérieur qui nous hante nos moments d’arrêt. Nous n’avons donc jamais travaillé sur notre conscience individuelle, jamais apprivoisé le silence intérieur, encore moins le cultiver. Bien au contraire, nous l’avons fuit, combattu, noyé dans toutes sortes d’activités qui n’avaient autres envies que de tuer le temps, de se remplir d’illusions.

Qui plus est, notre civilisation a créé de nouvelles obsessions basées sur l’urgence et l’intensité de vivre: s’éclater n’importe où, n’importe quand, dans n’importe quoi, tant dans les drogues que dans les domaines des compétitions et du divertissement les plus extrêmes. Les réseaux sociaux regorgent d’activités flirtant avec la folie: se gaver d’alcool jusqu’en en mourir, se jeter dans l’eau glacée, enflammer sa peau devant une caméra, etc.

Nous ne réalisons pas que nous planons au-dessus d’un espace vide qui est le nôtre.

Pour remédier à la solitude et le vide intérieur, il faut oser inverser les courants de pensée, les idéologies et les manières de vivre qui nous sont proposés chaque jour, voire même depuis notre enfance.

Pour ce faire, il est proposé de ralentir la succession de nos pensées pour finir à se positionner dans le moment présent, là où justement il ne se passe plus rien, là où le temps s’estompe, là où il n’y a nulle question, nulle réponse. Il s’agit, pour commencer, d’être vraiment conscient et présent dans cette vacuité intérieure, ne serait-ce quelques secondes.

Ces hiatus entre les pensées, cette discontinuité temporelle va nous amener graduellement à découvrir autre chose que du vide, mais que ces espacements sont remplis de nous-mêmes, de notre Présence que l’on appelle le Soi.

Afin de faciliter ce silence intérieur, prendre une lente respiration et la retenir quelques secondes tout en ouvrant le chakra du Cœur. Cela a pour effet d’arrêter momentanément le mental et de déployer la bulle du Soi.

Constatez la Présence «je suis» derrière les pensées, derrière le mental, en arrière-plan de notre Psyché. Plus important encore, remarquez le déplacement de l’observateur du «je» au Soi.

Ensuite, viendra le temps où il faudra s’appliquer à allonger ces intervalles entre les pensées par la méditation, par un état de vigilance silencieuse, premier témoin signifiant que le Soi est apprivoisé.

Être Soi est un état d’entièreté où l’on oublie le temps qui s’écoule, où les moments d’alignement s’allongent et déteignent sur notre journée entière. Viens plus tard les instants où la conscience se miroite dans sa propre Lumière.

S’établir dans le Soi, Être Soi, se contenter d’Être tout simplement, ne demande rien d’autre que d’être en paix avec nous-mêmes, de s’abandonner à notre Lumière intérieure; rien de plus, rien de moins.

Tu n’as besoin d’aucune religion pour Être ce que tu Es. Bien au contraire, elles t’éloignent du Soi comme toutes autres activités mentales et émotionnelles. Tu n’as qu’à te débarrasser de tes pensées pour ensuite entrer dans l’atmosphère du Soi. Ta Présence immobile se dévoile du seul fait qu’elle a toujours été là.

«Il n’est pas bon que l’homme soit seul.» Ce n’est pas tant qu’il soit un être social comme sa peur viscérale d’entrer en lui-même.

En dehors du Soi, on peut difficilement vivre seul, pas plus qu’avec d’autres personnes.

Trouve l’endroit au centre de toi-même où il n’y a plus de mouvement.

Catégories : Spiritualité

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